Un arbre par jour, créer, imaginer

Un arbre par jour, créer, imaginer… Au début de l’automne, nous étions à l’exposition « Nous les arbres » avec une amie. Les arbres vus par des artistes, botanistes, scientifiques, chaque arbre ouvrant un univers, parfois un petit détail réjouissant comme une feuille colorée, ou le grand bec d’un oiseau. De ces arbres émanait un parfum d’enfance, et du lieu la fraicheur d’un sous-bois. Un lien renoué entre nous, petits humains, et ces géants majestueux que nos yeux rivés sur les écrans ou que nos vies trop pressées nous font parfois oublier.


De cette promenade au coeur de la ville, c’est alors qu’ont rejailli des souvenirs silencieux de l’enfance. Les dessins colorés de mes cinq ans, quand nous vivions aux USA Nebraska. Et aussi les oeuvres de ma grand-mère Valentine d’Houlgate en Normandie. Elle faisait de petits tableaux à partir de feuilles et de fleurs, séchées dans de gros annuaires téléphoniques sur lesquels elle s’asseyait pour les aplatir. Et je revois la table près de la fenêtre qui donnait sur le minuscule jardin où vivait la tortue Rosalie. Valentine et moi étions là, assises, ses petits pinceaux dans un pot sur la table, la colle blanche qu’elle appliquait délicatement au dos des pétales, et qu’elle disposait sur une page pour en faire une branche, un oiseau. Je passais des heures à la regarder faire, des paysages apparaissaient, et le temps disparaissait.

De la poésie dans la vie

Au moment de quitter l’exposition, c’est alors qu’une idée a surgi. Et si chaque jour nous faisions un arbre, créer, imaginer, au crayon ou pinceau, dessiner ou peindre à nouveau, un arbre en photo, en céramique ou collage. Leslie a dit oui. Donc depuis ce jour de septembre, nous faisons des arbres, quelle que soit l’humeur, le temps disponible, il y a ce précieux rendez-vous quotidien. Et cela m’a rappelé ces instants simples et magiques partagés avec ma grand-mère Valentine.

Un arbre par jour, c’est la possibilité de renouer avec un art de vivre. Etre émerveillée par la simplicité des choses, se contenter de quelques fleurs ramassées ou de la splendeur d’une feuille d’automne.
L’imagination puise dans ce qu’offre le jour, une manière de s’abreuver à la source d’inspiration. L’arbre arrive souvent par surprise. Laisser faire l’imaginaire est ressourçant, une manière simple de se relier à ce qui est là, tout autour.
Aujourd’hui donc, plus de 130 arbres dans la « forêt » et des amis se mettent à faire l’arbre du jour.
Alors quelque chose infuse, la joie se diffuse et ravive la saveur des jours.

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