Improbable, inattendu ? Et pourtant.

Cet arbre, tranquillement installé au milieu de l’eau, caressé par une brise légère, pousse seul entre deux presqu’îles, les racines recouvertes d’eau de mer, là où on ne l’attend pas, improbable, inattendu…. Le soir, le soleil se couche derrière lui, laissant apparaître une belle lumière rougeoyante au travers de ses feuilles, légèrement translucides. Aux yeux de certains, cet arbre peut apparaître comme une bizarrerie de la nature, à d’autres, comme un véritable symbole de la vie, et de sa capacité à laisser émerger ses fruits n’importe où, en particulier là où ils ne devraient pas.
Parfois notre instinct nous amène à prendre des décisions que la raison ne peut comprendre, mais qui s’imposent à nous. Elles peuvent paraître absurdes, incongrues, inadaptées à notre environnement immédiat, « Et pourtant, elles poussent ! » aurait pu dire Galilée. Elles surgissent du fond de notre vivant, renversent nos habitudes, ouvrent des perspectives jusqu’alors jugées impossibles. L’hypnose, entre autres, nous offre cette possibilité, et « la force du thérapeute qui s’exerce alors sur le thérapisant » – pour reprendre les mots de François Roustang – en est son révélateur, tout comme l’argent agit sur une photo comme le catalyseur de la transformation.
De là, tout se révèle, la lumière, les contrastes, les perspectives … et naît la possibilité. La possibilité d’entrer dans un nouveau rapport au monde, dans un nouveau rapport à notre ressenti, à tout ce qui nous arrive, à tout ce que nous vivons chaque jour. Notre existence raisonne alors au travers de notre corps, et se lit aussi bien dans l’intensité de notre regard, que dans celle de notre présence. Étrangement, la question de la légitimité, de la valeur de nos actes et de nos pensées ne se pose plus. Tout ce qui sort de ce mouvement, s’impose en tant que tel. Tout comme cet arbre, on se retrouve à exister, simplement, parfois même, là où on ne nous attend pas, et le reste n’a que peu d’importance.