Méditation et photographie

Méditation et photographie

Par hasard, sans l’avoir décidé, j’ai découvert et débuté la photographie l’année où j’ai commencé à pratiquer la méditation. C’était il y a 8 ans. Il y a de vrais points de rencontres entre ces deux disciplines.

Peut-être est-ce l’entrainement de l’attention, à l’œuvre dans la pratique de la méditation tout comme dans la photographie. Le soin porté à voir ce qui est tel que c’est, avec précision, clarté, et dans sa plus grande simplicité. Et il y a la découverte de ce qui se montre, que l’on ne peut ni vouloir ni prévoir.

Dans la méditation et la photographie, il est question d’être bien disposé, prêt à capter ce qui survient, dans le silence et l’immobilité.

Laurence Gardin Mediphi

Photo au château

Par la photographie, on cadre le réel, et cette limite donnée par l’œil laisse apparaitre quelque chose qui restait invisible sans le cadrage qui vient révéler, faire apparaitre ce qui était déjà là. Dans la pratique de la méditation, c’est du même ordre : il y a le cadre bien précis de la posture, qui dispose corporellement de manière à entrer en rapport à ce qui est, avec précision, et laisser advenir ce qui se montre, dans sa grandeur et son mystère. Dans ces deux disciplines, il s’agit de se disposer de manière propice à ce que quelque chose puisse apparaître. Et ce quelque chose, entièrement imprévisible, surgit à neuf à chaque fois. Et ainsi, on entre dans la fraicheur de l’instant, dans la surprise de ce qui advient, sans projet ni préméditation.

Dans son ouvrage « Derrière l’objectif », le photographe Willy Ronis écrit ceci : « Il y a la disponibilité, l’aptitude à réagir sur-le-champ. C’est l’à-propos, la capacité de quitter brusquement le sujet initial pour l’inattendu. »

Et cet inattendu donne à l’existence sa dimension d’aventure. Alors la joie prend place dans le quotidien, très simplement, et merveilleusement !

Photo prise au château de Fontainebleau, un dimanche de septembre.